Des membres de la section lait dépités

Conjoncture laitière

Maintenant que les semis de maïs se terminent, Ludovic Blin, Président de la section lait de la FDSEA en a profité pour réunir l’ensemble des responsables cantonaux pour aborder différents sujets d’actualité.

 

 

La réunion débute dans un premier temps par un point sur la conjoncture.  Au niveau mondial, l’afflux de lait européen continue de peser fortement sur les marchés, malgré le ralentissement de la collecte dans les autres zones du globe. La collecte européenne est toujours aussi dynamique pour atteindre +5,6% sur le premier trimestre de 2016. Néanmoins, la collecte française reste moins dynamique qu’ailleurs en Europe. La situation des produits industriels reste difficile avec des cours qui se stabilisent à des niveaux très bas. Quant aux produits de grande consommation, leurs indices de prix sortie usine ainsi que leurs prix de vente consommateurs chutent de manière importante pour toutes les catégories.

 


Tour de table

Face à cette conjoncture n’annonçant pas de retour à la normal pour les semaines à venir, Ludovic Blin a souhaité faire un tour de table de l’ensemble des participants pour qu’ils s’expriment sur les prix du lait et la gestion des volumes. Les membres de la section sont dubitatifs. « Aujourd’hui, la filière laitière est dans un tournant où des restructurations des exploitations sont en train de se réaliser. Beaucoup de producteurs arrêtent » déclare un responsable cantonal. « Les pénalités laitières et la politique de gestion des volumes de certaines entreprises encouragent la marchandisation des contrats » rajoute un autre. « Si les pénalités n’existaient pas, la marchandisation des contrats ne se ferait pas non plus ». Ce tour d’horizon montre également des distorsions entre les producteurs (voir tableau des prix). « Les producteurs ne sont plus libres. Ils sont pieds et poings liés à leur entreprise qui décide pour eux, le prix et son volume. L’inégalité entre les producteurs n’est pas acceptable. »

 

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La Loi Sapin II

Afin de limiter la contractualisation, le projet de la Loi Sapin 2 propose de légiférer la marchandisation des contrats en interdisant le transfert de contrat de lait à titre onéreux. La FNPL souhaite que cet article de loi inclut tous les contrats laitiers (vache et chèvre) mais aussi le transfert total ou partiel de ces derniers. Par ailleurs, ce projet de loi propose également l’obligation de dépôt des comptes pour toutes les sociétés commerciales transformant des produits agricoles. Dans le cas contraires, les entreprises se verront obtenir une astreinte. La FNPL propose que celle-ci passe de 2 à 10% du chiffre d’affaires journalier mais elle demande également que la demande d’injonction soit élargie aux élus locaux, aux syndicats.

 

Journée lait

La FDSEA de la Manche organise une journée lait le mercredi 15 juin. Au programme ; la matinée sera consacrée à la conjoncture laitière présentée par M. Benoit Rouyer, économiste au CNIEL. L’après-midi, M. Michel Lafont, apportera des éléments sur les points d’évolution de la Ferme Manche. La journée se clôturera par une table ronde en présence des transformateurs du département.

 

Europe

La politique européenne n'a pas appréhendé la sortie des quotas. Nos responsables politiques européens doivent prendre leur responsabilité pour prendre les mesures nécessaires pour une meilleure régulation de la production via les aides européennes. 

P. Bourry



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