Double peine

La situation laitière est critique. Cette crise sans précédent touche d’ailleurs l’ensemble des filières d’élevage mais trop c’est trop. La coupe est pleine. Ces conditions ne sont plus tenables.

 

FDSEA 50, Président de la section lait
Ludovic Blin, Président de la section lait FDSEA 50

L’année 2016 ne s’annonce pas prometteuse, les cours mondiaux sont toujours à la baisse comme le moral des producteurs de lait. Pour le premier semestre, les prix du lait payés aux producteurs sont inadmissibles. Les producteurs vendent leur lait à perte. Est-ce acceptable ? Je ne le crois pas ! En plus de ne pas être payés à leur juste valeur les producteurs ne peuvent pas jouer sur le volume pour diminuer leurs charges. Ils sont pieds et poings liés à leurs entreprises qui font la pluie et le beau temps. Comparés à leurs homologues allemands, les éleveurs sont contraints de produire un volume précis sous peine d’être pénalisés en cas de dépassement. Cette politique de sous volumes n’est-t-elle pas anti-libéralisme comme se veut le système ? La France est-elle en train de perdre des nouveaux marchés ? Les producteurs français ont donc la double peine : pas de prix et pas de volumes.


La Peine s'alourdit

La filière laitière française est train de faire ce que nos concurrents attendent d’elle : baisser sa production. Il est clair que l’Europe doit diminuer sa production. Soyons cohérent orientons plutôt des aides aux stockages publiques aux Etats qui jouent la régulation. La peine continue de s’alourdir. Après une année 2015, de poker menteur entre les distributeurs et les transformateurs où personne n’était responsable. La partie continue. La dernière conclusion du rapport de l’observatoire des prix et des marges alimentaires confirme ce que la FDSEA dénonce : l’accaparement des marges par les intermédiaires. Il révèle par exemple que le recul des prix affecte très fortement l’élevage bovin laitier, avec un recul de plus de 15 % par rapport à une année 2014 alors qu’à l’inverse les prix à la consommation alimentaire, progressent en 2015 avec moins de 0,5 %. Chercher l’erreur ? Après un tel constat, les entreprises laitières ne peuvent qu’afficher que des bénéfices nets

Un prix par le marché intérieur

Malgré, un marché à l’export déficitaire, l’amélioration du prix du lait passera par le marché intérieur français. Aujourd’hui, 55% à 60% du lait produit en France est commercialisé sur le marché intérieur essentiellement en GMS et RHF (Restauration Hors Foyer). Ce marché reste valorisant. La FDSEA compte impulser une démarche auprès de la RHF et des industries agro-alimentaires afin de mettre en avant l’excellence alimentaire des produits de notre territoire.